Publiée le par Sebastien-Bibiche TROGER
Personne ne l'a réclamé, personne ne m'a forcé, mais vous me connaissez toutes et tous: quant il s'agit de pointer le bout de son nez je suis souvent le premier à renifler un peu plus fort que les autres!
Après le superbe récit de Guigui qui nous a donc fait son come-back sur une course avec un dossard (super pour toi d'ailleurs mon Guigui ça fait plaisir!), moi aussi je vais y aller de ma prose.
Petit retour en arrière donc:
il y a quelques jours nous nous donnons rendez-vous du côté de notre lieu classique de rassemblement (non pas le cabanon de Xavier, ça c'est un lieu de perdition post-sortie) mais le parking des Richardières. Il faut beau, il fait chaud. Après un formidable jeu de tétris dans les coffres de voitures c'est parti pour 2h45 de route environ direction Saint-Brieuc.
Arrivés sur place nous récupérons nos dossards, nous nous retrouvons toutes et tous sur place avec un mélange d'excitation et d'appréhension. En effet cela fait un mois qu'ici sur les Côtes d'Armor il fait un temps magnifique (en Bretagne paraît-il "il ne pleut que sur les cons". Ce n'est pas de moi c'est de Erwan). L'excitation donc c'est pour la course du lendemain et l'appréhension pour la météo du lendemain: il fera archi-dégueulasse!!!
Bon en attendant nous filons au camping pour tranquillement se préparer pour le lendemain.
Chacun y va de son plât de pâtes, de riz, de jambon......moi je m'autorise une bière malgré "Rémi le tentateur" qui essaie plusieurs fois de me faire boire de son vin. MAIS NON, JE SERAI FORT et je ne craquerai pas! Bref...la nuit nous appelle.
Au réveil le lendemain, dehors, c'est la drache. Orage ("oh désespoir").
Nous restons toutes et tous dans nos mobile-home respectif en attendant de savoir à quelle sauce nous allons être mangé et égoutté. J'avoue que je commence à me dire que ça va vraiment être une journée compliquée.
En plus de la pluie l'orage est terrible...Autant les organisateurs n'annuleront pas pour un déluge biblique mais annuleront en cas d'orage sur la baie afin d'éviter la grillade collective sur la plage.
A 11h nous décidons donc de partir sur la zone de départ, il pleut, il pleut, il pleut.....mais il n'y a plus d'orage cependant.
11h45: on est tous à l'abris car il pleut.....un peu moins cependant...
11h55: nous nous présentons sur la ligne de départ pour le brief d'avant-course. MIRACLE, il ne pleut plus! Je ne reverrai la pluie que le lendemain vers 12h30 de retour à Aigrefeuille.
12h: un pirate fait pêter le départ! C'EST PARTI.
Bon à ce moment-là du récit vous vous dites: "non mais on s'en fout de tout ça, c'est pas la course!" Oui je sais...mais les préliminaires c'est important bande de bourrines et bourrins!
Revenons à nos sentiers: oui le début de course est fait de petit singles, étroits, de montées et de descentes.
Comme vous l'a écrit Guigui vers le KM3 je crois à une mauvaise blague en entendant celles et ceux qui me précèdent dire "demi-tour, ça passe pas à la rivière". Ah merde!
Et là je tire mon chapeau aux organisateurs et aux bénévoles qui ont su activer le plan B: alors oui certaines et certains on fait 1km de plus, alors oui d'autres ont fait 500m de moins; mais quelle réactivitée et puis surtout quelle importance?
Il est dit dans Les Béatitudes "heureux les derniers car ils seront les premiers", et bien comme vous le savez déjà certainement ce fut donc le cas avec ce demi-tour général.
Moi à ce stade de la course je m'en fou. Ca ne pertubera pas ma stratégie à savoir +ou- gérer les 30 1ers kms de course.
Au km 5 nous traversons la baie avec de l'eau jusqu'au ventre; belle anécdote en sachant qu'elle est quand même bien froide la Manche début mai!
Et puis je ne suis pas comme Alain, je n'ai pas prévu d'y pêcher des araignées!
Durant ces 400m dans l'eau je tiens par le bras un coureur pétrifié de peur, dans l'eau, qui panique car il me dit " ne pas savoir nager". Bien évidemment, et ça c'est vraiment dans l'esprit du coureur de trail, je reste avec lui, je le rassure, et je l'aide à traverser. Une fois hors de l'eau il repart pleine balle.....pour fuir sa peur peut-être le pauvre....enfin c'est ce que je me dit. Je le reverrai plus tard.
Les kilomètres défilent, le paysage est magnifique, la course se passe très bien. Je reste en gestion (vous me connaissez je ne force pas, je suis un gestionnaire et c'est mon point fort; ce qui explique peut-être d'ailleurs le fait que je ne sois jamais blessé). Je pourrai aller plus vite? Oui....pourquoi faire?
Souvenez-vous les derniers seront les premiers. Guillaume me rattrape (il va vite le bougre) puis je rattrape ma très estimable consoeur Caro.
Tout va bien, je me rapproche du 1er ravito. Au loin je vois quelqu'un penché en avant en train de dégueuler.....avec une autre personne à ses côtés: le vomito c'est la personne que j'avais aidé à traverser l'estuaire qui accuse le coup après un trop plein d'émotions j'imagine. La personne qui l'aide généreusement (espris trail encore!) c'est Cath! En effet je rattrape Cath, Erwan et Cécé au KM13 environ. Ils vont très bien. Je cours quelques dizaines de mètres avec eux puis je continue seul.
Les kilomètres passent, les sentiers succèdent aux plages qui succèdent, aux sentiers, qui succèdent aux plages, qui succèdent aux relances.....KM 25 je commence à sentir tranquillement l'effort.
Au KM27 je récupère Dom qui va très bien, lui aussi en gestionnaire!
Peu avant le KM30 je récupère Bruno. Cool car je commence un peu à coincer. L'hydratation est bonne, la nutrition aussi mais la difficulté du parcours fait que je commence à tirer un peu de la patte. Disons que si j'était un avion au décollage les ailes commenceraient à toucher le tarmac quoi!
Je me place devant Bruno (qui à ce moment de la course, je pense, n'en demandait pas tant). Derrière j'entends une voix! Non non non je ne suis pas maboul (je n'entends jamais de voix sauf quand je cours avec Benoît): il s'agit de Rémi qui nous a rattrapé!
Je reste devant, en menant l'allure, comme je peux.
Au 2ém ravito je coince. Je laisse passer Rémi et Bruno. Chacun son aventure après tout!
Difficile? Oui.
Mais une pom'pote plus tard et çava mieux. Décidement c'était la recette miracle chez R4F sur cette course!
Tranquillement, avant le ravito de KM38 je rattrape Rémi et Bruno.
Rémi repars de suite (je ne le reverrai qu'à l'arrivée) et je marche 200m avec Bruno. Je repars devant.
KM40 Bruno me repasse devant....s'éloigne....je n'irai pas plus vite car je reconnais que je suis cuit les amis.
Peu avant le dernier KM je rejoins Bruno (on a fait le yo-yo sur cette course tous les deux!) après ce putain de dernier escalier qui n'en finissait pas de monter!
On décide de terminer ensemble (là encore c'est ça l'esprit du trail) et nous bouclons main dans la main notre course en 5h25.
Une belle course, une belle aventure, comme d'habitude avec R4F.
Nous attendons tous les copains du 43km. Tout le monde se tape dans les mains.
C'est pile à ce moment où vous avez cette sensation du devoir accompli!
Pour être plus précis cette sensation (oui vous l'avez forcément ressenti vous aussi) qui parfois dresse un peu le poil quand on se rend compte qu'on en a un peu toutes et tous chié sur le même parcours. Le sentiment d'avoir partagé avec son groupe un moment un peu suspendu dans le temps. Une sensation de partage intense quand on se tape la main; quand nos regards se croisent. Ca dure combien temps? Quelques minutes? Ce sentiment magique s'estompent au fil des minutes mais qui fait qu'on veut le revivre sur de prochaines aventures!
C'est ce qui fait que l'on veut prolonger ce moment quasi d'éternité le soir, ensemble!
Alors merci mes compagnons de fortune (Rémi mais surtout Bruno), merci R4F.
RDV au prochain départ!
Seb
PS: n'ayant pas fait de relecture veuillez me pardonner d'avance mes éventuelles fautes et mots écorchés!











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