Publiée le par Catherine CHAUVIN
Pour une fois, je t'explique le DNF et comment c'est pas grave.😂
Ah Ces Putains d'Hospitaliers....
Longue est la route pour enfiler ses chaussures de trails dans le quartier de Nant... au propre comme au figué ! Un long vendredi de conduite et un samedi parfait à récupérer les dossards, voir les copains se mettre en route pour le départ (une tension sans cette cabane... à l'exception de Manue, on aura dit des lièves sous cocaïne), a les encourager tout au long de leur course. Bon en vrai, tu rentres le soir dans la cabane, t'es déjà cuit.
Une courte nuit chahutée non pas par Tchoupi et Camille sur lesquels j'aurai parié mais par la clim réversible du mobil-home qui n'avait pas été éteinte. C'est comme dormir sur la piste de Roissy Charles De Gaulle. Résultat, debout à 2h00 pour éteindre cette merdre.... redebout à 3h30 pour petit-déjeuner en tête à tête avec Guigui (il aura eu du succès cet homme ce WE)... foutue pour foutue, autant se lever.
Départ à 5h00, à la frontale. Déjà derrière la ligne, on avait perdu de vue Guigui et François et pas aperçu d'un cheveu Marie. Bref, les 20 premiers km dans le noir se passent nickel.
Puis SAINT GUIRAL : un vent à décorner les boeufs, un brouillard à couper au couteau et excellent test de résistence pour nos superbes vestes. Dans cette montée où je voyais à peine le mec devant moi, je n'ai pu réprimer une penser nostalgique pour mon duvet... ce sac chaud dans lequel j'aurai normalement encore dû me trouver. Et comme l'a très justement formulé Marie : "putain ça souffle bordel de cul". Je ne peux que plussoyer.
[Pour ce qui est du paysage dans sa globalité, pour ma part, question point de vue, ça c'est réduit à rien. Donc je ne m'étendrai pas. ]
A cet endroit, j'ai perdu ma Cécé (le zef et le brouillard m'ayant atteint un poil le moral)... que j'ai retrouvé dans la descente ! Dans la forêt, je vois une veste au loin qui ressemble à la nôtre....malherueusement, age faisant, ma vue me prive de mes certitudes, l'absence de lunette également...Au diable l'amour propre, j'ai appelé Cécé et elle a répondu ! et zou on repart... Ca a donné le ton de cette journée où on a pas mal fait le yoyo.
A 42 km, j'avais déjà mal au cul (putain de fessier en carton) mais c'était gerable. Il ne faisait néanmoins pas bon de s'attarder trop longtemps au ravitos parce que sinon, il fait chaud, ils sont sympas, ils ont de la soupe et hop tu t'installes. J'ai donc continuer, avec Mauricette-yoyo, ainsi jusqu'au surplomb de Cantobre. Ah bah là, ça s'est méchamment corsé.
Le noir finit par tomber assez vite et une dame du feu de camp de la pampa (y'en avait un peu partout des gens-des-deux-de-camp-de-la-pampa) m'informe que le ravito de Cantobre c'est 5km après, c'est un peu roulant jusqu'à une grande descente et qu'il faut faire gaffe à la corde et après ça remonte à Cantobre... avec une corde. Sauf que mon genou a entendu...5km... corde..... Oui, oui, il a des oreilles et il n'a pas vu ça d'un bon oeil (pas mal pour un genou, hein?!). Un pas, le pas de trop et là, triple lutz boucle piquée dans les tendons arrières. Le genou droit me freine net et m'arrache un petit cri (GGRaaaaahhhaahhh... à peu près) Evidemment, tu testes, tu retestes et tu finis par admettre que ça pue.
S'en suit une longue descente où tu réfléchis (c'est la partie profonde du truc là) sauf que ton cerveau, il est loin d'être à son max. Tu sers les dents. Tu penses. Tu arrêtes ? ou pas ? si près ? et tu sers les dents encore. Ben en fait, on croirait pas mais serrer le dentier ça te bouffe de l'énergie....beaucoup et ça fait mal à la machoire en plus. Et puis, plus tu descends plus ça grince. La question devient : et si je continues, je vais mettre combrien de temps ? Monter c'est ok mais descendre... comment ? Et si je vautre comme une merde est ce que je ne risque pas de me faire plus mal (sûre que si mais la question méritait d'être soulevée non) ?
Ce n'est plus une question de jus. Le jus c'était ok. Tu fais 70km, tu peux faire 77. Tu te colles un gel, une compote et roule. La question c'est plutôt comment et combien de temps tu vas le payer après. Pour une breloque qui va finir au fond du tiroir avec les autres (toute façon j'avais déjà le t-shirt ^^). Donc j'ai décidé d'arrêter. OOOhh le gros mot.
D'arrêter parce que ma prépa avait été bien faite, que j'ai pas niquer 3 mois inutilement et que je serai de toute façon aller au bout dans cette blessure de merde. J'avais jamais fait autant, c'est déjà une victoire. Et le mieux, l'âge me rend sage ! Ca c'est la classe ultime (je vais pouvoir me la péter comme jamais à donner des leçons et tout 😂) !
Donc dans la même journée, j'ai fait mon premier 70km, avec 3000 de D+ en prime et mon premier DNF le tout en faisant une poussée de sagesse. Quand je reviendrai, vous me reconnaitrez plus 😂😂😂
Merci aux participants de ce WE pour leur soutien indefectible quelle que soit la façon de le manifester, aux adhérents qui nous ont suivi avec leurs messages et au taxi DELHOMMEAU sans qui je serai sans doute encore sur le caillou de Cantobre.
Biz et on se revoit quand j'ai un nouveau genou 😉






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